La recette originale du far breton aux pruneaux par Cyril Lignac

La recette originale du far breton aux pruneaux par Cyril Lignac

Plongez au cœur de la Bretagne avec une recette qui sent bon l’enfance, la tradition et la gourmandise. Le far breton, ce dessert emblématique au cœur fondant et à la texture unique, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis, est une véritable institution. Loin des clichés, sa version originale est d’une simplicité désarmante, mais c’est dans les détails que se cache toute la magie. Aujourd’hui, nous vous livrons les secrets du célèbre chef Cyril Lignac pour réussir un far breton aux pruneaux absolument inoubliable. Avec sa touche personnelle, il transforme ce classique rustique en un dessert raffiné tout en conservant son âme authentique. Préparez-vous à faire voyager vos papilles, car cette recette n’est pas seulement une liste d’ingrédients, c’est une invitation à partager un moment de pur réconfort. Suivez le guide, enfilez votre tablier, et laissez-vous porter par les arômes de vanille, de rhum et de beurre salé. Le succès est garanti, même pour les pâtissiers les plus novices !

20 minutes

45 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

Commencez par la préparation des pruneaux, car c’est leur moelleux qui fera toute la différence. Dans une petite casserole, faites chauffer le rhum ambré avec deux cuillères à soupe d’eau sans porter à ébullition. Placez vos pruneaux dénoyautés dans un bol et versez le mélange chaud dessus. Laissez-les macérer et se gorger de saveurs pendant que vous préparez le reste de la recette. Cette étape est cruciale : elle permet de réhydrater les fruits, les rendant incroyablement tendres et parfumés. Ne la sautez surtout pas !

Étape 2

Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Pendant ce temps, faites fondre doucement les 80 grammes de beurre demi-sel dans une casserole et laissez-le tiédir. C’est le secret pour un far au bon goût de la Bretagne ! Dans un grand saladier, cassez les quatre œufs entiers et ajoutez les 150 grammes de sucre en poudre. À l’aide d’un fouet, blanchissez le mélange. Cela signifie que vous devez fouetter énergiquement jusqu’à ce que le mélange pâlisse, devienne mousseux et plus épais. On dit qu’il doit faire le ruban, c’est-à-dire que la pâte soulevée par le fouet doit retomber en formant une sorte de ruban qui reste quelques instants à la surface avant de disparaître.

Étape 3

Incorporez ensuite la farine et la pincée de sel, que vous aurez préalablement tamisées. Le fait de tamiser (passer un ingrédient en poudre à travers un tamis ou une passoire fine) permet d’aérer la farine et d’éviter la formation de vilains grumeaux. Mélangez délicatement avec le fouet, juste assez pour intégrer la farine, sans trop travailler la pâte. Une pâte trop travaillée pourrait rendre votre far élastique.

Étape 4

Versez maintenant le lait entier, petit à petit, tout en continuant de mélanger doucement pour obtenir une pâte bien lisse et homogène, semblable à une pâte à crêpes un peu épaisse. Incorporez ensuite le beurre demi-sel fondu et tiédi, ainsi que la cuillère à café d’extrait de vanille liquide. Enfin, ajoutez le rhum qui a servi à la macération des pruneaux en les égouttant légèrement. Mélangez une dernière fois.

Étape 5

Munissez-vous d’un moule rond d’environ 24 cm de diamètre, de préférence en céramique ou en verre. Beurrez-le généreusement sur toute sa surface, fond et bords compris. Saupoudrez ensuite de sucre en poudre pour bien le chemiser (recouvrir les parois beurrées d’un moule avec de la farine ou du sucre pour faciliter le démoulage et donner une croûte croustillante). Répartissez harmonieusement les pruneaux bien gonflés au fond du plat.

Étape 6

Versez délicatement la pâte liquide sur les pruneaux. Ne vous inquiétez pas si certains fruits remontent à la surface, c’est tout à fait normal. Enfournez à mi-hauteur pour une cuisson d’environ 45 minutes. Le far est cuit lorsqu’il est bien doré sur le dessus et que les bords se détachent légèrement du moule. Il va gonfler de manière spectaculaire dans le four, c’est un joli spectacle ! Il retombera légèrement en refroidissant, c’est la caractéristique même du far breton.

Étape 7

Une fois la cuisson terminée, sortez le far du four et laissez-le tiédir sur une grille avant de le déguster. Il est encore meilleur lorsqu’il n’est pas brûlant, car les arômes ont le temps de se développer. Vous pouvez le servir directement dans son plat de cuisson pour un côté rustique et convivial.

La Rédaction

Mon astuce de chef

Pour un far encore plus savoureux et à la texture parfaite, laissez reposer votre pâte pendant au moins une heure au réfrigérateur avant d’y ajouter les pruneaux et de l’enfourner. Ce temps de repos permet à l’amidon de la farine de gonfler, ce qui donnera une consistance plus fondante et moins farineuse à votre dessert. C’est un petit secret de grand-mère qui change tout ! De plus, n’hésitez pas à utiliser un beurre demi-sel de très bonne qualité ; son goût iodé caractéristique apportera un contraste délicieux avec la douceur sucrée du far et des pruneaux.

Le compagnon idéal du far breton

Pour accompagner ce dessert typiquement breton, rien de tel qu’une boisson locale. Oubliez les vins et laissez-vous tenter par un verre de cidre brut fermier. Ses fines bulles, sa légère amertume et sa fraîcheur apporteront un contrepoint parfait à la richesse et au sucre du far. Choisissez un cidre artisanal de Cornouaille ou du pays de Fouesnant pour une expérience authentique. Pour une option sans alcool, un jus de pomme artisanal pétillant sera également un excellent choix, rappelant les saveurs du terroir. Enfin, pour les amateurs de boissons chaudes, un café fraîchement moulu ou un thé noir corsé sauront sublimer les notes de rhum et de vanille du gâteau.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le far breton n’a pas toujours été ce dessert sucré que nous connaissons. À l’origine, le mot « far » désignait une bouillie de blé ou de sarrasin. C’était un plat salé, cuit dans un sac en toile plongé dans le bouillon du pot-au-feu ou du kig-ha-farz, et servi en accompagnement de la viande. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la recette a évolué vers une version sucrée, enrichie d’œufs, de sucre et de lait, pour devenir un véritable gâteau. Quant aux pruneaux, leur présence n’est pas si ancienne ! Ils furent ajoutés plus tard, probablement au XIXe siècle, lorsque le commerce maritime se développa. Les marins bretons, partant pour de longs voyages, rapportaient de leurs escales ces fruits secs qui se conservaient bien. Les pruneaux d’Agen, devenus plus accessibles, ont ainsi trouvé leur place dans le far, lui apportant un moelleux et une saveur sucrée qui en font aujourd’hui la version la plus célèbre et la plus appréciée.

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