Le secret de la championne du monde du far breton : sa recette de grand-mère fondante, au beurre salé, sans fioritures

Le secret de la championne du monde du far breton : sa recette de grand-mère fondante, au beurre salé, sans fioritures

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le far breton. Loin des versions parfois compactes ou fades que l’on peut trouver, nous vous ouvrons aujourd’hui les portes d’une cuisine familiale bretonne, celle qui se transmet de génération en génération. Le secret que nous allons vous dévoiler n’est autre que celui d’une championne du monde de la discipline, une recette héritée de sa grand-mère. Un far breton authentique, sans fioritures, d’une simplicité désarmante mais d’une gourmandise absolue.

La clé de voûte de cette merveille ? Une texture incroyablement fondante, presque crémeuse, qui contraste avec une fine peau dorée sur le dessus. Et bien sûr, l’ingrédient qui change tout, l’âme de la Bretagne dans votre assiette : le beurre salé. Pas n’importe comment, mais travaillé avec précision pour exalter toutes ses saveurs. Préparez-vous à redécouvrir ce classique et à faire de votre cuisine le théâtre d’un petit miracle breton. Suivez le guide, chaque étape est un pas de plus vers la perfection.

20 minutes

45 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

Étape 1

Commencez par préparer le saint des saints : votre plat de cuisson. C’est un geste qui peut paraître anodin, mais il est absolument crucial pour obtenir une croûte savoureuse et éviter que votre far ne colle. Prenez 30 grammes de votre beurre demi-sel, qui doit être bien mou, comme une pommade. À l’aide de vos doigts ou d’un pinceau de cuisine, enduisez généreusement et méticuleusement toute la surface intérieure de votre plat. Une fois cette mission accomplie, allumez votre four et réglez-le sur 180°C (thermostat 6) en mode chaleur statique. La chaleur statique, qui vient du haut et du bas, assure une cuisson plus douce et homogène, idéale pour les flans et les fars.

Étape 2

Pendant que le four chauffe tranquillement, occupons-nous du cœur de la recette : le beurre noisette. Dans votre petite casserole, faites fondre les 50 grammes de beurre demi-sel restants sur un feu moyen. Ne le quittez pas des yeux ! Il va d’abord fondre, puis chanter, crépiter, et enfin se calmer. C’est à ce moment précis que la magie opère : de petites particules brunes (le petit-lait caramélisé) vont apparaître au fond de la casserole et une odeur irrésistible de noisette grillée va embaumer votre cuisine. Retirez immédiatement la casserole du feu pour stopper la cuisson et laissez le beurre tiédir. Ce beurre noisette apportera une profondeur de goût incomparable à votre far.

Étape 3

Dans votre grand saladier, versez la farine et le sucre en poudre. Avec une cuillère, mélangez-les rapidement et formez un « puits » au centre, c’est-à-dire un petit creux. Cette technique de grand-mère permet d’incorporer les ingrédients liquides plus facilement et de limiter la formation de satanés grumeaux.

Étape 4

Cassez vos trois œufs directement au centre du puits. Avec votre fouet, commencez à les battre délicatement, en incorporant petit à petit la farine des bords du puits. N’essayez pas de tout mélanger d’un coup. Allez-y doucement, en décrivant des cercles qui s’agrandissent progressivement. Vous devez obtenir une sorte de pâte épaisse et homogène. C’est le secret pour une pâte bien lisse.

Étape 5

Maintenant, il est temps d’ajouter le lait entier. Et là encore, la patience est votre meilleure alliée. Versez un tout petit peu de lait (environ un dixième du total) sur votre pâte épaisse et mélangez énergiquement avec le fouet pour « détendre » la pâte. Une fois ce premier ajout bien incorporé, vous pouvez verser le reste du lait en filet, tout en continuant de fouetter sans cesse. Votre appareil à far doit devenir très liquide, presque comme une pâte à crêpes. C’est tout à fait normal !

Étape 6

Le moment est venu d’ajouter les touches finales de saveur. Versez votre beurre noisette tiédi (attention, pas chaud, pour ne pas cuire les œufs) dans la préparation, en n’oubliant pas les petits grains bruns au fond de la casserole qui sont de véritables pépites de goût. Ajoutez ensuite la cuillère à café d’extrait de vanille et la petite pincée de sel fin, qui agira comme un exhausteur de goût. Donnez un dernier bon coup de fouet pour que tout soit parfaitement mélangé.

Étape 7

Récupérez votre plat généreusement beurré et versez-y délicatement la totalité de votre préparation liquide. Ne soyez pas surpris par sa consistance, la cuisson va transformer ce liquide en un dessert fondant et gourmand.

Étape 8

Enfournez votre plat sur une grille à mi-hauteur dans le four préchauffé à 180°C. Laissez cuire pendant environ 45 minutes. Le far va gonfler, dorer et une délicieuse odeur va se répandre. Pour vérifier la cuisson, la lame d’un couteau plantée au centre doit ressortir propre et sèche. Une fois cuit, sortez le far du four et laissez-le tiédir sur une grille. Il va légèrement retomber, c’est sa nature, ne vous inquiétez pas.

La Rédaction

Mon astuce de chef

Le secret ultime pour une texture d’exception, c’est le repos. Une fois votre pâte préparée (avant de la verser dans le plat), couvrez votre saladier d’un film alimentaire et laissez-la reposer au moins une heure au réfrigérateur, voire deux. Ce temps de repos permet à l’amidon contenu dans la farine de s’hydrater complètement. Résultat : une texture encore plus soyeuse, plus fondante en bouche, et des saveurs mieux développées. C’est un petit effort qui fait une différence immense.

L’accord breton par excellence

Pour accompagner ce dessert authentique, rien ne vaut un produit du même terroir. Servez une bolée de cidre brut artisanal de Bretagne. Ses fines bulles et sa légère amertume apporteront de la fraîcheur et trancheront délicieusement avec le côté riche et sucré du far.

Pour une expérience plus originale, un petit verre de chouchen, l’hydromel breton, peut être une option audacieuse. Ses notes miellées feront écho à la douceur du dessert. À consommer avec modération, bien entendu !

Le far breton n’a pas toujours été le dessert que nous connaissons. Son nom vient du latin far, qui signifie froment. À l’origine, il s’agissait d’une bouillie de blé salée, cuite dans un sac en toile directement dans le bouillon du kig ha farz, le pot-au-feu breton. C’était un plat de paysan, nourrissant et économique. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la recette a évolué vers une version sucrée, avec l’ajout d’œufs, de sucre et de lait, pour devenir le flan que l’on adore aujourd’hui.

La version que nous vous présentons, « sans fioritures », est la plus pure. Cependant, la variante la plus célèbre est bien sûr le far aux pruneaux. Si le cœur vous en dit, vous pouvez ajouter une quinzaine de pruneaux dénoyautés (préalablement réhydratés dans du thé ou du rhum) au fond de votre plat beurré avant de verser la pâte.

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